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Gaming

ARC Raiders s'ouvre au PvE : le virage salvateur d'Embark Studios ?

il y a 5h
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ARC Raiders s'ouvre au PvE : le virage salvateur d'Embark Studios ?

Embark

Face à la saturation des affrontements punitifs entre joueurs, Embark Studios prend le contre-pied des tendances en réinjectant une dose massive de coopération. Une session de matchmaking exclusivement PvE débarque en octobre, ravivant l'enthousiasme originel autour d'ARC Raiders.

Près de 68 % des joueurs réguliers d’extraction shooters disent avoir déjà désinstallé un titre du genre par ras-le-bol des embuscades gratuites et des comportements toxiques. Le chiffre circule en coulisses chez pas mal de développeurs, et il résume bien l’impasse actuelle : deux ans après l’explosion du genre, la formule compétitive commence sérieusement à fatiguer. C’est dans ce climat qu’Embark Studios a pris une décision inattendue. Dès ce mois d’octobre, ARC Raiders propose une file de matchmaking temporaire entièrement dédiée au PvE, sans le moindre joueur adverse à l’horizon.

Pour ceux qui suivent le projet depuis ses débuts, la nouvelle sonne presque comme un retour à la maison. Elle montre surtout que l’équipe suédoise préfère revoir ses plans plutôt que de s’enfermer dans une formule qui lasse.

Du fantasme coopératif de 2021 à l'impasse du tout-compétitif

Aux Game Awards de décembre 2021, Patrick Söderlund et ses équipes dévoilaient la toute première bande-annonce d’ARC Raiders. La claque était immédiate. On y voyait une Terre rétrofuturiste, baignée d’une lumière rasante, où des escouades de survivants coopéraient pour faire tomber d’immenses machines tombées de l’espace. À l’époque, le contrat était clair : un jeu d’action coopératif à la troisième personne, centré sur la physique, la verticalité et l’entraide.

En mai 2023, changement de cap. Devant le carton d’Escape from Tarkov et les projets similaires lancés à la chaîne par l’industrie, Embark annonçait une refonte complète : ARC Raiders devenait un extraction shooter PvPvE. Pour beaucoup de joueurs qui attendaient le titre, la pilule a eu du mal à passer. La grande traque de robots entre amis virait à la partie de cache-cache anxiogène, où le vrai danger n’était plus le titan d’acier dans le ciel, mais le joueur tapi dans un fourré avec un fusil de sniper.

Ce virage suivait la tendance du moment. Sauf qu’entre la multiplication des sorties du même type et l’exaspération grandissante du public, le studio risquait surtout de sacrifier ce qui rendait son univers singulier.

La fenêtre d'octobre : ce que propose ce matchmaking dédié

L’essai lancé ce mois-ci ne réécrit pas le jeu de fond en comble, mais il change nettement l’expérience sur le terrain. Concrètement, Embark a ouvert une file d’attente séparée où les autres joueurs ne peuvent plus vous tirer dessus.

Sur la carte (« Topside »), les objectifs restent les mêmes : chercher des ressources, pirater des terminaux ou explorer. La différence, c’est que la menace vient uniquement des machines de l’ARC. Les drones en patrouille, les quadrupèdes d’assaut et les blindés lourds reprennent leur place au centre des combats.

On peut lancer une partie avec son groupe habituel ou rejoindre des inconnus via le matchmaking automatique. Et retirer les tirs ennemis ne rend pas la mission triviale pour autant. Les robots frappent fort, et faire durer un affrontement finit vite par attirer des renforts aériens sur votre position. La phase d’extraction garde sa tension, mais au lieu de surveiller chaque coin d’ombre par peur d’une balle perdue, l’équipe doit simplement tenir sa ligne de défense.

Frozen Trail Teaser | ARC Raiders

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Frozen Trail Teaser | ARC Raiders

Quand l'industrie révise sa copie : l'écho de Marathon et Tarkov

Le choix d’ARC Raiders n’arrive pas par hasard. En 2024, plusieurs studios qui comptaient sur le modèle de l’extraction pure commencent à voir ses limites. La formule PvPvE traditionnelle dresse un mur devant les joueurs occasionnels : perdre son équipement en boucle face à des équipes ultra-entraînées décourage quiconque n’a pas trois heures par jour à consacrer au jeu.

Le cas de Bungie est assez parlant. Le studio a déjà prévenu que son futur Marathon intégrerait des modes orientés PvE dès sa saison 2 pour éviter de voir ses serveurs se vider au bout d’un mois. Même Battlestate Games a fini par sortir un mode coopératif sans PvP pour Escape from Tarkov, malgré des choix tarifaires qui ont fait hurler sa communauté.

Embark a donc raison de tester la formule maintenant. Cette période d’essai va permettre de mesurer concrètement le temps passé en mission, le taux de réussite des escouades et la rétention sur plusieurs jours. Si les chiffres suivent, il sera difficile pour le studio d’ignorer la demande d’un mode coop permanent.

Une orfèvrerie sensorielle qui mérite d'être savourée

Ce retour au PvE permet aussi de profiter enfin de la direction artistique. ARC Raiders s’appuie sur une esthétique bien à lui, inspirée de la science-fiction des années 70 et de technologies analogiques souvent résumées sous le terme de cassette futurism. Les décors méditerranéens arides, les herbes sèches sous le vent et les complexes rouillés ont une vraie allure.

En PvPvE, le joueur passe son temps à vérifier ses angles et à marcher accroupi pour ne pas faire de bruit. Difficile, dans ces conditions, de s’attarder sur l’ambiance. Sans adversaires humains, le rythme ralentit. On prend le temps d’écouter le souffle d’un capteur au loin, le vrombissement lourd d’une turbine ou les parasites d’un message radio.

Le travail sonore, mené par des anciens de la franchise Battlefield, trouve ici tout son sens. Le claquement d’un tir lourd sur la carcasse d’un drone, l’écho des détonations dans les tunnels de Speranza et la poussée des réacteurs donnent une vraie consistance aux affrontements. Cibler patiemment les points faibles d’un robot géant redevient un effort d’équipe gratifiant, sans la crainte permanente de se faire descendre dans le dos au moment d’extraire.

Le casse-tête de l'économie globale et du tarif à 39,99 €

Pour Embark et son éditeur Nexon, installer un mode PvE durable pose tout de même un problème d’équilibrage. ARC Raiders a abandonné son modèle gratuit pour adopter un prix de lancement fixé à 39,99 €. Le studio doit donc s’assurer que chaque joueur en ait pour son argent, quel que soit son style de jeu.

Le casse-tête concerne surtout l’économie du jeu. Si l’on peut récupérer facilement des matériaux rares en PvE sans risquer sa peau, le marché et l’équilibre des zones PvPvE risquent d’en pâtir. Deux approches sont envisagées : séparer complètement les inventaires selon le mode lancé, ou réduire les récompenses du PvE aux ressources de base et cosmétiques, en réservant les meilleurs plans d’armes aux cartes à haut risque.

Quoi qu’il en soit, ce test d’octobre montre qu’Embark ne reste pas borné sur ses idées initiales. Si les retours sont aussi positifs que le laisse penser la réaction des joueurs, cette parenthèse coopérative pourrait bien devenir une composante durable du jeu à sa sortie.

Samy_K

Samy_K

Manette, clavier ou borne d'arcade : si ça tourne à au moins 60 fps, ça m'intéresse. Une préférence marquée pour le challenge bien dosé et les mécaniques de jeu aux petits oignons. Toujours un run en cours.

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